• Explications de textes philosophiques

  • Explication de texte, Rousseau, l'origine des langues

    Dans ce texte, Rousseau s'interroge sur les différences entre le langage des humains et celui des animaux. Il défend que la communication des idées ne s'effectuent pas nécessairement avec les organes qui servent à parler, que la parole est propre à l'homme. Et que si nous n'avions pas les organes qui nous permettent ceci, nous nous servirons d'autres organes qui nous permettraient de communiquer d'une autre manière comme chez les animaux.

    La communication animale n'est-elle finalement pas plus facile que celle humaine ?

    Pour répondre à cette question nous suivrons le plan du texte. C'est-à-dire dans un premier temps traiter du langage humain, puis du langage animal.

     

     

    Il est possible de communiquer autrement qu'avec les organes qui nous sert, à nous les hommes, à la parole. Les sourds et les muets inventent des signes leur permettant d'exprimer leurs pensées. Exprimer ce que nous pensons à travers la parole est une action propre à l'homme, nous sommes les seuls êtres vivants sachant parler. Et cela ne dépend pas de nos organes, car les autres êtres ayant les mêmes, c'est-à-dire des cordes vocales et une langue, ne parviennent pas à le faire. Si l'homme parvient à parler, c'est parce qu'il détient le logos, qui fait de lui un être rationnel lui permettant d'avoir des idées et de savoir les exprimer. Le logos est donc lié au cogito. Penser c'est parler et parler c'est penser. C'est ce fameux logos qui nous permet également de penser à la première personne, avec le Je. Et Kant dit que « ce pouvoir élève l'homme infiniment au-dessus de tous les autres êtres vivants sur la terre. ».

    Si l'homme n'avait pas d'organes phonatoires fonctionnels ou même point du tout, il trouverait une autre façon de communiquer ses pensées justement parce qu'il est doté du logos et du cogito. C'est ainsi que les personnes ne sachant pas parler, comme les sourds et muets par exemple, ont inventé une autre manière de s'exprimer. La communication sera plus pénible sans utiliser la parole, il sera donc moins facile d'exprimer ses idées. Cependant, Rousseau dit que l'échange est possible tant que « l'un puisse agir et l'autre sentir ».

     

    Les bêtes sont également dépourvus de la parole. Nous allons donc nous intéresser à leur manière de communiquer.

     

    Les animaux qui vivent en société communiquent en interprétant et formulant des signes sans interventions vocales. Les abeilles n'attendent pas de réponses de la part de leurs congénères, elles doivent agir selon les signaux que les autres abeilles leur ont transmis. Elles ne connaissent pas le dialogue « qui est la condition du lange humain » selon Benveniste. Pourtant, d'après Rousseau, les bêtes ont « une organisation plus que suffisante » pour communiquer, mais elles ne s'en servent pas. Les abeilles n'en ont pas besoin puisque encore une fois selon Benveniste, « le message des abeilles consiste entièrement dans la danse »,qui se rapporte à la nourriture ou à des données spatiales, pour le bon fonctionnement de la ruche et de leur société. Elles n'ont donc pas l'utilité d'exprimer ce qu'elles ressentent, donc la parole leur est inutile.

    Descartes pense que si les animaux ne parlent pas comme nous, malgré leurs organes de parole, ce serait parce qu'ils ne pensent pas. Que si ils pouvaient exprimer leurs pensées, si ils en avaient, ils le feraient. Ils nous expriment bien leurs passions. Martinet a dit, « Chaque cri est inanalysable et correspond à l'ensemble de la sensation douloureuse. ». Il en va de même chez les animaux. Par exemple, chaque miaulement d'un chat peut correspondre à l'ensemble de ses sensations. On peut essayer d’interpréter ce qu'il veut dire avec le ton du miaulement et l'action que le chat est en train de faire à ce moment, mais sans mots nous ne pouvons pas analyser ce qu'il veut exprimer.

    Mais les langues « ne sont pas acquises ». Les animaux sont capables de communiquer entre eux dès lors qu'ils naissent. Les nourrissons aussi savent communiquer, en pleurant parce qu'ils ont faim par exemple. Cependant leur langage change, ils font l'usage de leur organe de parole, tandis que les animaux ne changent pas leur manière de communiquer, leurs « langues sont naturelles ».

     

     

    D'après Rousseau, la communication n'est pas liée à un organe spécifique. La parole, qui n'est possible que de par le logos et le cogito, n'est pas le seul moyen de communication, les autres êtres humains ou les sourds/muets se passent de la parole pour exprimer leurs idées. De plus, le langage animal est acquis dès la naissance contrairement à l'homme qui apprend à communiquer et à parler plus tard. La parole est basée sur l'idée de progrès, alors que les animaux naissent en sachant « parler » leur langue, et elle n'évolue pas. La communication animale est donc plus facile que l'humaine.


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