• Explications de textes philosophiques

  • Dans ce texte de Platon, il est question ici de l'éducation des enfants. Il est extrait du dernier des dialogues de Platon, Les Lois, qui traite de philosophie politique et touche au problème de la meilleure constitution politique. La thèse de Platon exprime que la meilleure éducation serait que nous devrions nous demander quels seraient les reproches précis que nous pourrions faire à autrui au lieu de les faire directement.

     

    Quelle est la meilleure éducation pour nos enfants ?

     

    Dans une première partie, Platon évoque la mauvaise éducation de la jeunesse. Dans une seconde partie, il dénonce le non-respect de la vieillesse pour la jeunesse. Puis dans une dernière partie, le philosophe annonce sa thèse sur une autre manière d'éduquer les enfants.

     

    « Mais ce qu'à nos enfants il faut laisser en héritage, ce n'est point de l'or », il ne s'agit pas ici d'héritage de patrimoine que les parents laissent à leurs enfants lors de leurs décès. « c'est un sens profond du respect. », c'est à dire faire preuve de décence, de bienséance, de pudeur, et de respecter les convenances. Dans cette phrase il n'est pas question de déférence. « nous nous imaginons qu'en lui tapant sur les doigts nous léguerons cette vertu à la jeunesse, », l'expression « se faire taper sur les doigts » signifie se faire réprimander ou se faire punir. Platon dit que ce n'est pas en punissant les enfants ou en leur faisant des reproches que les adultes leurs transmettront le respect. En effet, cela pourrait les inciter à être d'avantage irrespectueux pour se venger des reproches et des punissions. Et ces enfants qui deviendront sûrement parents un jour reproduiront la même chose avec leurs enfants, qui eux feront de même avec les leurs, et cetera. « […] elle ne naît pas chez les jeunes du genre d'admonestation que de nos jours on leur adresse, », le respect ne naît pas chez les jeunes, il s'apprend et se transmet, alors pourquoi les réprimander et les avertir quand ils sont irrespectueux au lieu de ne pas tout simplement leur apprendre ? « quand en les admonestant on leur dit que, lorsqu'on est jeune, on doit respecter tout le monde. », mais il faudrait expliquer aux enfants ce qu'est le respect et pourquoi il est indispensable au lieu de se contenter de leur dire qu'ils doivent respecter tout le monde, pourquoi appliqueraient-ils quelque chose qu'ils ne comprennent pas ?

     

    Si la jeunesse a du mal avec la notion de respect, c'est parce que la vieillesse ne se respecte pas elle-même.

     

    « Ce serait bien plutôt aux hommes plus âgés que le sage législateur recommanderait de respecter la jeunesse », car en faisant des reproches aux enfants parce qu'ils sont irrespectueux au lieu de leurs expliquer ce qu'est le respect et à quoi il sert, c'est du non-respect. « […] et de prendre les plus grandes précautions pour éviter que jamais par la jeunesse ils soient vus ou entendus en train de faire ou dire quelque chose qui n'est pas respectable. », les hommes sont censés être le modèle des plus jeunes donc doivent agir avec prudence pour montrer l'exemple. Ils se doivent donc d'être respectueux devant eux et avec eux, mais en admonestant les jeunes, les adultes ne les respectent pas. « la vieillesse se manque de respect à elle-même, », elle se manque de respect en se qualifiant de respectueuse alors qu'elle ne respecte pas la jeunesse. « il est fatal que là il y ait, chez les jeunes aussi, la plus grande impudence ! », il est fixé par le destin que la jeunesse, future vieillesse, reproduira donc le non-respect avec leurs enfants ce que les générations précédentes leurs ont transmis en héritage.

     

    Il faut donc chercher une nouvelle manière plus efficace de transmettre le respect aux enfants en changeant la façon de les éduquer.

     

    « l'éducation la meilleure ne consiste pas à faire des remontrances aux autres, », parce que les remontrances sont contraires au respect. « mais à faire à soi-même, […] ce qui serait l'objet précis de remontrances qu'on adresserait à autrui. », Platon dit que la meilleure éducation, l'éducation la plus respectueuse, serait de faire une critique motivée et raisonnée à l'autre pour lui reprocher son attitude au lieu de le blâmer.

     

    Le problème soulevé par le texte était l'éducation des enfants en rapport au respect. Platon nous a montré que si la jeunesse n'est pas respectueuse, c'est parce que la vieillesse ne l'est pas envers elle-même. Il nous propose donc de ne plus directement faire de réprimandes aux enfants mais de les raisonner à propos de leur attitude.


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  • Explication de texte, Rousseau, l'origine des langues

    Dans ce texte, Rousseau s'interroge sur les différences entre le langage des humains et celui des animaux. Il défend que la communication des idées ne s'effectuent pas nécessairement avec les organes qui servent à parler, que la parole est propre à l'homme. Et que si nous n'avions pas les organes qui nous permettent ceci, nous nous servirons d'autres organes qui nous permettraient de communiquer d'une autre manière comme chez les animaux.

    La communication animale n'est-elle finalement pas plus facile que celle humaine ?

    Pour répondre à cette question nous suivrons le plan du texte. C'est-à-dire dans un premier temps traiter du langage humain, puis du langage animal.

     

     

    Il est possible de communiquer autrement qu'avec les organes qui nous sert, à nous les hommes, à la parole. Les sourds et les muets inventent des signes leur permettant d'exprimer leurs pensées. Exprimer ce que nous pensons à travers la parole est une action propre à l'homme, nous sommes les seuls êtres vivants sachant parler. Et cela ne dépend pas de nos organes, car les autres êtres ayant les mêmes, c'est-à-dire des cordes vocales et une langue, ne parviennent pas à le faire. Si l'homme parvient à parler, c'est parce qu'il détient le logos, qui fait de lui un être rationnel lui permettant d'avoir des idées et de savoir les exprimer. Le logos est donc lié au cogito. Penser c'est parler et parler c'est penser. C'est ce fameux logos qui nous permet également de penser à la première personne, avec le Je. Et Kant dit que « ce pouvoir élève l'homme infiniment au-dessus de tous les autres êtres vivants sur la terre. ».

    Si l'homme n'avait pas d'organes phonatoires fonctionnels ou même point du tout, il trouverait une autre façon de communiquer ses pensées justement parce qu'il est doté du logos et du cogito. C'est ainsi que les personnes ne sachant pas parler, comme les sourds et muets par exemple, ont inventé une autre manière de s'exprimer. La communication sera plus pénible sans utiliser la parole, il sera donc moins facile d'exprimer ses idées. Cependant, Rousseau dit que l'échange est possible tant que « l'un puisse agir et l'autre sentir ».

     

    Les bêtes sont également dépourvus de la parole. Nous allons donc nous intéresser à leur manière de communiquer.

     

    Les animaux qui vivent en société communiquent en interprétant et formulant des signes sans interventions vocales. Les abeilles n'attendent pas de réponses de la part de leurs congénères, elles doivent agir selon les signaux que les autres abeilles leur ont transmis. Elles ne connaissent pas le dialogue « qui est la condition du lange humain » selon Benveniste. Pourtant, d'après Rousseau, les bêtes ont « une organisation plus que suffisante » pour communiquer, mais elles ne s'en servent pas. Les abeilles n'en ont pas besoin puisque encore une fois selon Benveniste, « le message des abeilles consiste entièrement dans la danse »,qui se rapporte à la nourriture ou à des données spatiales, pour le bon fonctionnement de la ruche et de leur société. Elles n'ont donc pas l'utilité d'exprimer ce qu'elles ressentent, donc la parole leur est inutile.

    Descartes pense que si les animaux ne parlent pas comme nous, malgré leurs organes de parole, ce serait parce qu'ils ne pensent pas. Que si ils pouvaient exprimer leurs pensées, si ils en avaient, ils le feraient. Ils nous expriment bien leurs passions. Martinet a dit, « Chaque cri est inanalysable et correspond à l'ensemble de la sensation douloureuse. ». Il en va de même chez les animaux. Par exemple, chaque miaulement d'un chat peut correspondre à l'ensemble de ses sensations. On peut essayer d’interpréter ce qu'il veut dire avec le ton du miaulement et l'action que le chat est en train de faire à ce moment, mais sans mots nous ne pouvons pas analyser ce qu'il veut exprimer.

    Mais les langues « ne sont pas acquises ». Les animaux sont capables de communiquer entre eux dès lors qu'ils naissent. Les nourrissons aussi savent communiquer, en pleurant parce qu'ils ont faim par exemple. Cependant leur langage change, ils font l'usage de leur organe de parole, tandis que les animaux ne changent pas leur manière de communiquer, leurs « langues sont naturelles ».

     

     

    D'après Rousseau, la communication n'est pas liée à un organe spécifique. La parole, qui n'est possible que de par le logos et le cogito, n'est pas le seul moyen de communication, les autres êtres humains ou les sourds/muets se passent de la parole pour exprimer leurs idées. De plus, le langage animal est acquis dès la naissance contrairement à l'homme qui apprend à communiquer et à parler plus tard. La parole est basée sur l'idée de progrès, alors que les animaux naissent en sachant « parler » leur langue, et elle n'évolue pas. La communication animale est donc plus facile que l'humaine.

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