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  • philosophie dissertation comment savoir

    (source de l'image : https://www.tousbenevoles.org)

    Le savoir c'est la connaissance. La connaissance, c'est l'état de celui qui connaît ou sait quelque chose. Comme a dit Alain, « Savoir c'est savoir qu'on sait. ». Disposer de connaissances solides et précises permettent de justifier le bien fondé pour le transmettre aux autres. Il est difficile de savoir, c'est là notre problème.

    Prenons un exemple courant. Il n'est pas rare de constater que quand nous rencontrons une personne qui nous plaît, nous ne pouvons pas la chasser de nos pensées, et qu'à chaque fois que l'on essaie de mettre de l'ordre dans cette délicieuse panique, on en revient à cette question : ne serais-je pas amoureux(se) ? Encore faut-il le savoir. Chaque jour l'on se pose constamment des questions suivant les situations dans lesquelles nous nous trouvons. Quelle heure peut-il être, qu'elle est la réponse à cette question, qui est cette personne, que dois-je faire, comment dois-je m'habiller, quel temps fera-t-il demain, qui suis-je réellement …

     

    Mais la vraie question est, comment savoir ? Comment savoir que je sais ou ce que je sais ? Comment savoir ce que je dois faire ? Comment savoir de quelle manière dois-je m'y prendre ?

     

    Nous verrons que nous pensons savoir, puis nous constaterons qu'en réalité nous ne savons pas tout car selon le contexte des choses sont inexplicables, et enfin nous verrons que le savoir n'est pas une question de savoir ou non mais que c'est bien plus complexe que cela.

     

    Il y a pas mal de choses que l'on sait directement sans avoir besoin de se poser la question. On sait quand on a faim, notre métabolisme et notre cerveau nous permettent de le savoir en nous envoyant des signaux comme l'estomac qui se creuse, la bouche qui salive, la crise d'hypoglycémie … On sait aussi quand nous sommes fatigués, nous arrivons pas à nous concentrer, nos yeux sont lourds, nous manquons d'énergie …

    Nous pouvons savoir certaines choses en les apprenant, que ça soit à l'école, en se basant sur les croyances des gens qui nous entourent et les conséquences, ou bien en les apprenant par nos expériences et nos erreurs. Solon a d'ailleurs dit, « Il faut apprendre à obéir pour savoir commander. ». On retiendra donc que le savoir résulte de l'apprentissage.

    Nous pensons savoir quand nous sommes amoureux quand l'autre nous manque tout le temps, que nous pensons toujours à cette personne, que nous ne voyons plus que ses qualités et que ses défauts sont moindres (l'amour rend aveugle comme on dit si bien), que l'on désire cette personne, qu'elle influence beaucoup notre humeur comme par exemple passer de la tristesse à la joie en sa présence, et cetera.

    On sait si l'on aime une musique quand son instrumentation, ses paroles, sa structure, son rythme, son sens nous plaisent. Ou bien tout simplement aussi parce qu'on a envie de la ré-écouter.

     

    Nous pensons que nous savons, mais en réalité nous ne pouvons pas expliquer comment nous savons pour tout. Si il y a des questions dont on peut trouver la réponse ou bien que l'on pense l'avoir trouvé, d'autres n'en ont pas.

     

    Nous pensons savoir beaucoup de choses, mais en fait, nous ne savons rien. Il y a beaucoup de faits et de choses que nous ne savons pas et que nous appliquons sans aucune raison si ce n'est parce que c'est ainsi. Les gens font des choses, mais ne disent pas forcément comment. Nous ignorons si il existe un quelconque moyen de connaître les réponses aux questions que nous nous posons à longueur de journée. Des questions n'ont pas de réponses, comme par exemple la manière dont nous allons mourir et même à quel moment de notre vie. Ce n'est pas une réponse que l'on peut trouver dans un livre ou sur Internet. On peut penser savoir que nous allons mourir de vieillesse puisque c'est la première cause de mort, mais nous en avons pas la certitude, une maladie ou un accident par exemple, pourraient mettre fin à notre vie.

    Une autre question qui demeure sans réponse, quel est mon rôle ? Nous ne savons pas si nous avons une réelle mission à accomplir durant notre vie. Personne ne peut savoir si dans le futur nous serons toujours quelqu'un de banale, si un événement nous conduira à commettre des crimes contre l'humanité comme Hitler, ou encore si nous allons participer à changer le monde comme l'a fait Nelson Mandela en luttant contre l'apartheid. En fait, on peut se persuader que nous resterons quelqu'un de bien toute notre vie si nous le sommes déjà actuellement, sauf qu'il peut se passer n'importe quoi qui changera à jamais notre vision de voir ou comprendre la vie.

    Les religieux, eux, pensent savoir que leur Dieu existe parce qu'ils y croient. Ils se réfèrent à ce qu'ils lisent dans les textes et les livres sacrés qui eux même on était écrit par des hommes. Dieu est-il donc une pure invention de l'homme ou les écrits religieux ont été écrits à partir de faits qui se sont vraiment déroulés ? Nous ne savons donc pas si un Dieu quelconque existe, nous en avons pas la preuve. Pourtant, les croyants croient savoir que Dieu existe. Mais « Croire n'est pas savoir. » d'après le romancier Eric-Emmanuel Schmitt. Quand on sait, on croit savoir sans savoir.

    Nous ne savons pas comment se déroulera notre futur, nous le supposons juste, nous manquons énormément de réponses à propos de l'avenir, nous ne savons rien.

     

    Le savoir n'est cependant pas une question de savoir ou non.

     

    Certes, nous pouvons trouver des réponses à certaines questions, et d'autres questions, comme celles concernant le futur, n'ont pas de réponses. Mais, quand on ne sait pas, on est fasse à un choix. Par exemple, si nous ne savons pas le temps qu'il fera aujourd'hui, nous ne savons pas si l'on doit s'habiller chaudement ou non. Nous avons donc le choix de nous vêtir de deux façons possibles. Dans ce cas nous regardons le ciel. Admettons qu'à ce moment il est bleu et qu'il y a du soleil, on va se dire que ce n'est pas la peine de porter des vêtements chauds, cependant nous n'avons pas la certitude que plus tard dans la journée il ne va pas pleuvoir et que les températures ne vont pas baissées.

    Souvent, on pense savoir, alors qu'en réalité nous nous basons que sur des intuitions. Si l'on en vient donc à dire qu'on se base sur des intuitions, on peut donc remettre en question notre persuasion de savoir quelque chose. Platon a dit, « Savoir c'est sentir. Mais si savoir c'est sentir, alors il y a autant de connaissance que de sensations et d'individu. ». Ce qu'il veut dire c'est que si on se base sur des ressentis pour décréter que l'on connaît, nous nous basons uniquement sur ce que l'on pense, donc que chacun a sa manière de savoir. Cela rejoint l'idée des intuitions qui sont des connaissances directes et immédiates qui ne nécessitent pas le recours et le raisonnement.

    Le savoir se base également sur la confiance. Et la confiance repose sur un réseau de croyances. Prenons pour modèle ce que les enseignants apprennent à leurs élèves. Sous prétexte que le métier du professeur est d'enseigner, l'élève peut-il être sûr que le professeur lui apprend correctement quelque chose ? L'élève pense que oui, alors qu'il ne peut pas le savoir, il a juste fait le choix d'avoir confiance en ce que dit son professeur. Car à ce professeur, on a pu lui inculquer à lui même des choses fausses et il ne saura pas qu'elles sont fausses car il fait confiance à celui qui lui enseigne. C'est la même chose avec un médecin et son patient. On peut penser que la couleur verte se nomme ainsi parce qu'on nous l'a appris, alors que telle qu'on la voit elle peut en fait être jaune. Sous prétexte que quelqu'un nous dit qu'il nous aime, on pense que c'est la vérité, alors qu'il peut très bien mentir.

     

    On sait, ou du moins on pense savoir quelque chose quand nous l'avons déjà vécu. Par exemple quand c'est un état corporel ou émotionnel. En revanche, lorsqu'il s'agit d'un cas que l'on a pas encore vécu, nous ne pouvons pas savoir comment il se déroulera ou comment l'on va réagir. Mais en réalité nous ne savons rien, car même pour expliquer des choses simples comme la faim, il faudrait que l'on sache d'où vient le métabolisme, et même si nous trouvions la réponse, il faudrait se poser des questions à son propos pour savoir comment on en est venu là. Le savoir est un cercle infini. C'est pour cela que nous nous basons souvent sur des intuitions, sur notre vécu, et sur la confiance, car en vérité, nous ne savons rien.

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  • amie de soi-même

    (image provenant de http://eveilphilosophie.canalblog.com)

    L'amitié est une affection réciproque, un attachement mutuel entre deux personnes. Elle est basée sur l'amour, la confiance, et le respect. Aristote distingue les amitiés par plaisir, intérêt, et vertu. La vertu est la capacité à faire du bien. « La parfaite amitié est celle des hommes vertueux et qui sont semblables en vertu. » disait Aristote, alors cette personne avec qui je pourrais devenir ami ne pourrait-elle pas être moi ? Si selon Aristote la véritable amitié est possible qu'avec des personnes qui nous ressemblent, il est alors logique d'être ami de soi-même, car la personne qui me ressemble le plus c'est moi ! Je me souhaite du bien à moi-même, la vertu de soi est une chose stable, et l'ami vertueux est en réalité le miroir dans lequel il est possible de se voir tel que l'on est.

    Mais qu'est-ce qu'être ami de soi-même ? Comment y parvenir ? Est-ce une chose facile ?

    Dans un premier temps nous distinguerons une première manière d'être ami de soi-même qui est d'être ami avec son aspect physique ou son corps. Nous verrons ensuite que pour être ami de soi-même il faut également être ami avec son mental, ou autrement dit être en accord avec nos goûts et ce que l'on pense. Pour finir on verra que nous sommes amis de nous-même aussi par plaisir et intérêt et non que par vertu.

     

    On dit qu'on choisit ses amis mais pas sa famille, c'est exacte, mais en ce qui me concerne je n'ai pas choisi de naître de telle manière, d'être trop gros ou trop fin, trop grand ou trop petit, blond ou même roux. Nous n'avons même pas choisi de naître, notre date de naissance, notre prénom, de naître homme ou femme … Dès notre naissance des caractéristiques physiques propres nous sont définies, on ne peut pas les changer comme ça. Certains éléments sont plus faciles à changer que d'autres, comme se teindre les cheveux si nous n'aimons pas leur couleur initiale, en revanche si notre taille ne nous convient pas nous ne pouvons rien y faire. Nous devons vivre avec ces caractéristiques qu'elles nous plaisent ou non. Chacun connaît une période de sa vie où il se sentira mal dans sa peau, il ne sera plus en accord avec ce qu'il est physiquement, par exemple à la période de l'adolescence. Des jeunes filles ne vont pas supporter de ne pas avoir de formes, d'être trop grosses se refusant donc de se nourrir, l'acné sera invivable pour certains adolescents, des adultes ne peuvent plus se voir dans un miroir … Des personnes vont même jusqu'à détruire leur corps en prenant de la drogue, en se scarifiant, en prenant des médicaments, et même en mettant fin à leurs jours par dégoût de soi. Pour certains leur pire ennemi c'est leur corps. S'accepter physiquement comme nous sommes est un vrai défi. Cependant quand on le veut on peut, dans la mesure où nous sommes libres de faire les choix qu'on veut, on peut faire en sorte de changer quelques points physiques affin de mieux s'accepter quand ça ne relève pas de l'impossible comme pour la taille. Ou quand certains changements ne peuvent se faire, comme par exemple maigrir ou grossir parce que c'est dans nos gênes d'être plus ou moins gros ou que notre métabolisme fonctionne ainsi, il faut s'accepter tel que l'on est. Quand on ne s'accepte pas il faut chercher à se réconcilier avec son corps. Souvent les gens ne s'acceptent pas car ils sont victimes de moqueries ou d'injustices, car quand nous sommes petits avant d'être confronter à la société, nous nous en fichons d'avoir cette caractéristique physique là au lieu d'une autre. Le dégoût que l'on peut avoir de soi-même résulte du jugement des autres. Alors puisque nous ne sommes pas nés en ne s'acceptant pas, il est possible de se réconcilier avec soi-même. Ne pas aimer son physique a une grosse conséquence qui est le manque de confiance en soi, sans cette confiance nous avons honte d'être ainsi, on se prive de faire plusieurs choses comme porter certains vêtements ou aller à certains endroits, on ne se met pas en avant de peur de se faire mal regarder et juger. Et se priver de faire toutes ces choses peut amener vers la dépression. Il est donc vraiment impératif de s'accepter et de s'aimer affin d'avoir confiance en soi, car sans cette confiance on ne peut être ami de soi-même. De plus, le bonheur est dans l'estime de soi.

     

    Nous pensons connaître très bien nos proches, on peut se tromper car nous ne savons pas si ces personnes ont réellement cette personnalité ou si elles ne font pas semblant car elles assument pas de penser l'opposer de ce qu'elles veulent faire croire. On vit dans une société quasi intolérante, si d'un côté des personnes se font juger sur leur physique, d'autres vont se faire juger sur leurs choix, personnalités, et goûts. Il est difficile d'accepter d'être différent des autres quand on sait pertinemment que ça ne plaira pas parce que l'anticonformisme est mal vu, qu'on se fera automatiquement coller une étiquette dessus. Par exemple une personne tatouée de la tête au pied se fera mal voir, et si l'on demande à quelqu'un qui juge cela d'expliquer pourquoi, elle va dire que ce n'est pas normal. Mais qu'est-ce que la normalité dans le fond ? Car la normalité est définie en fonction de chaque personne, selon ce qu'elle est, et selon son milieu. Pourquoi une femme tatouée quasiment partout ne pourrait-elle pas être une bonne mère ? Être tatoué ne signifie pas que les gens sont des personnes dérangées psychologiquement, qu'ils mangent des rats, invoquent Satan, les tatouages ne font pas que la personne est bonne ou non ! Les hommes restent vraiment coincés dans leurs préjugés. Si les hommes cherchent à être dans la norme au niveau des goûts musicaux, des goûts vestimentaires, et des façons de se comporter, c'est parce qu'ils ont peur de se faire rejeter ou bien qu'ils sont nés dans un milieu où on leur a appris qu'il faut être normal, que ça ne peut en être autrement. Les gens ont peur de la différence parce qu'ils manquent cruellement d'ouverture d'esprit, ils ont des préjugés, et surtout parce qu'ils ne la maîtrisent pas. Ce qui est différent de moi ce n'est pas moi, donc il est évident que je ne le maîtrise pas. Pourtant les différences enrichissent. Cacher ce que l'on est par peur du rejet peut réellement rendre malheureux, comme cacher son homosexualité à ses amis et sa famille peut-être parce que l'entourage de la personne est intolérante et qu'elle pense que seul l'amour entre un homme et une femme est possible et que l'inverse est anormal. Les personnes transgenres sont très mal vues, ceux qui les jugent s'arrêtent simplement sur la fait que ce phénomène est anormal et bizarre sans chercher à comprendre pourquoi la personne est ainsi. Il y a aussi ceux qui vont par exemple automatique dire qu'ils n'aiment pas quelque chose sans avoir essayer parce que cette chose est mal vue. On peut prendre l'exemple de la musique metal qui est souvent associée au satanisme alors que ce sont deux choses totalement différentes, ou bien les gens pensent forcément que c'est de la musique violente, ou même que ce n'est carrément pas de la musique alors que derrière il y a une culture musicale, une instrumentation complexe, une multitude de sous-genres complètements différents les uns des autres. Les gens s'arrêtent que sur les préjugés ou ce qu'ils ont entendu à propos des choses sans chercher à connaître et comprendre. Là encore, comme pour son physique, il faut savoir accepter qui on est car les conséquences peuvent être énormes. Il faut jouer de ses différences, car ce sont nos différences qui font que nous sommes des êtres uniques.

     

    Être ami avec quelqu'un par intérêt ça signifie que j'en tirerai des avantages. Par exemple être ami avec quelqu'un de cultivé pourrait m'être favorable au niveau de la connaissance, être ami avec une personne partageant les mêmes passions que moi me serait utile pour prendre du plaisir, ou tout simplement être ami avec une personne me servirait à ne pas me sentir seul. Or, l'intérêt n'est pas quelque chose de permanent, ça varie selon les moments, donc quand a disparu le motif qui faisait qu'on était amis, l'amitié se dissipe vu qu'elle était en fonction de ces motifs-là. Mais ce n'est pas la même chose avec l'amitié de soi-même car les intérêts ne sont pas les mêmes. Quand on est ami de soi-même, l'intérêt n'est pas de profiter de quelque chose qu'il y a chez un autre, mais de me servir de cette amitié avec moi pour avancer dans la vie. L'amitié qui me lie à moi-même fait que je suis en accord avec ce que je suis mentalement et physiquement, cette amitié créée la confiance en moi. Et lorsque l'on a confiance en soi, nous pouvons faire tellement de choses que l'on désire ou qui nous font plaisir car le jugement des autres nous paraît futile. Par exemple si je ne me sens pas bien dans ma peau et donc que je n'ai pas confiance en moi, je n'oserai pas aller danser sur la piste de danse devant tout le monde même si je le désire, ou bien même si je le fais je ne prendrai pas de plaisir car j'aurai peur que des personnes me jugent. Alors que si j'ai confiance en moi, non seulement j'oserai aller danser sur la piste de danse, mais en plus je prendrai du plaisir car je serai en accord avec mon corps. Cette confiance en soi est quelque chose de bon pour nous. Elle va aussi faire que l'on prendra du plaisir à être la personne que nous sommes et à faire les choses en générales. Alors on peut dire que l'amitié de soi-même par intérêt est un élément bon pour nous, et que l'amitié de soi-même par plaisir est inspirée par ce qui nous plaît à nous-même.

     

     

    Être ami de soi-même est encore plus puissant qu'être ami avec une autre personne car elle réunit les trois sortes d'amitiés qu'Aristote distinguait, c'est-à-dire l'intérêt, le plaisir, et surtout la vertu. Cette amitié signifie que l'on s'accepte en tous points de vue, que l'on assume l'ensemble de ce que l'on est, que l'on ne renie pas nos convictions. La confiance en soi résulte de cette amitié, et une fois cette assurance acquise nous pouvons faire face aux autres, à leurs jugements, et intolérances.

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