• Dissertations de philosophie

  • langage

    (image provenant de http://holapeople.co.uk)

     

    Le langage est une faculté propre à l'homme d'utiliser la langue. Il permet de s'exprimer, de communiquer ses pensées par un système de signes, et surtout d'établir un rapport entre moi, les autres, et le monde qui nous entoure. Il a deux fonctions principales : l'expression et la communication. On peut exprimer un sentiment, et communiquer est une action qui permet d'agir sur l'autre en utilisant le langage. Le langage sert à l'homme pour montrer et penser ce qui existe. Mais ce qui existe, donc le réel, est l'ensemble des choses existantes, et le langage en fait donc parti.

    Sachant qu'agir c'est produire un effet, peut-on agir sur la réalité par le langage ?

    Dans un premier temps nous nous interrogerons sur le fait que la pensée précède le langage. Nous distinguerons dans un deuxième temps la langue et la parole. Ensuite nous nous demanderons si la parole est un outil de domination. Et pour finir nous établirons un lien entre le langage et le pouvoir.

     

     

    Pour Platon, la pensée est un langage intérieur qui permet d'entrer en contact avec l'âme. Selon Hegel, il est impossible de penser sans les mots : « Vouloir penser sans les mots est une tentative insensée. ». Quand on arrive pas à décrire quelque chose c'est parce que nous manquons de mots, autrement dit nous n'avons pas les mots, donc tout devient plus clair dès que l'on trouve les mots pour décrire cette chose. Le langage fait donc exister la pensée. Pourtant Descartes réfute cette thèse, il dit : « Nous parlons parce que nous pensons. ». Sa thèse est donc que la pensée précède le langage. Avant de dire on pense, même si certaines fois nous disons que nos mots ont dépassé nos pensées ou qu'on ne pensait pas ce qu'on a dit. Ces expressions sont inappropriées, à la seconde même nous pensons réellement ce que nous disons, mais plus à la suivante, alors on va plutôt dire que nous nous sommes emportés sur le moment à cause de la colère ou autre, cependant nous nous rendons tout de suite compte que nos paroles étaient exagérées et blessantes. En fait nous pouvons penser sans langage, sans signes, et sans mots, les jeunes enfants avant de parler peuvent penser et même rêver. Parfois aussi, nous n'arrivons pas à dire ce que l'on pense, donc la pensée serait chronique, elle précéderait bien le langage.

     

    L'origine même du langage est la pensée. Le langage est constitué en langue, mais la langue est différente de la parole.

     

    La langue est la manifestation de l'action de parler, donc un instrument pour communiquer où l'on utilise le plus souvent des signes vocaux (en dehors du langage animal et langage des signes). Ces signes sont compris par les membres d'une même communauté humaine. Cependant la langue et la parole sont deux choses différentes. Le linguiste Saussure a distingué ces deux termes. D'après lui, la langue est un produit social et représente la société, la communauté, et le système, alors que la parole est un acte individuel lié à l'exploitation de la langue. On distingue l'aspect social et individuel. La langue est une institution sociale dont la parole est la réalisation concrète.

    Le langage s'apprend mais la maîtrise de la langue est différente pour tous. Une pensée claire s'exprime et se décrit avec des mots précis, alors le mauvais usage du langage prouve une insuffisance de la pensée. La maîtrise de la langue peut permettre à l'homme de manifester une supériorité. Cela créer aussi des différences sociales, par exemple utiliser des mots spécifiques et inaccessibles à certaines personnes est une façon de montrer sa supériorité et sa culture. La qualité des paroles d'une personne cultivée sera donc supérieure.

     

    Selon la qualité du discours, la parole est-elle un outil de domination ?

     

    Le langage peut devenir un outil de domination. On écoutera plus facilement un discours riche en vocabulaire, un discours dont le sujet est maîtrisé, ou quelqu'un qui sait parfaitement de quoi il parle. Comme les médecins par exemple, nous leur faisons confiance car ils sont censés savoir parfaitement de quoi ils parlent car ils sont chargés de notre santé, ils utilisent un vocabulaire riche et maîtrisent la langue. Pourtant maîtriser la langue ne signifie pas que l'on maîtrise tout le temps le sujet dont on parle. Les mots ont une grande force, on parle souvent du pouvoir des mots, mais ils ne disent pas nécessairement la vérité. Par exemple la démagogie est une politique où on flatte un groupe afin de gagner leur adhésion ou augmenter sa popularité. Donc ce n'est pas parce que les médecins maîtrisent la langue qu'ils nous disent forcément la vérité, c'est la même chose pour n'importe quel individu.

     

    Le langage est donc une forme de pouvoir.

     

    Pour Platon, la rhétorique aboutit d'avantage à persuader l'auditeur : « Homme qui sait la rhétorique ne puisse parler devant la foule d'une manière plus persuasive que l'homme de métier, quel qu'il soit. ». Celui qui connaît l'art de manier les mots convainc plus que l'homme de métier car il est capable de communiquer ses idées. L'orateur contrairement à l'homme de métier donne un sens à ses propos, en restant accessible aux différences sociales, alors que l'homme de métier reste plutôt dans des termes techniques. Cependant quand les arguments sont trop faibles, on utilise la persuasion.

    Par la prise de parole et la maîtrise de la langue, il y aurait une affirmation de pouvoir. Le ton et le choix des mots appuie cela. Le pouvoir du langage vient du pouvoir social, alors si la langue est un instrument de pouvoir, on peut dire que prendre la parole est un moyen de prendre le pouvoir.

     

     

    La parole fait parti du langage et nous avons vu qu'elle est une forme de pouvoir. Le langage peut donc agir sur la réalité. Les hommes politiques avec la qualité de leurs discours, de leurs mots, et de leurs arguments séduisent plus ou moins la société et tentent de la faire changer une fois élus. Le langage peut aussi faire prendre conscience de certaines choses, par exemples les conventions contre les maladies sexuellement transmissibles, sur le terrorisme, contre la violence, sur la drogue … L'orateur défend une thèse, utilise un vocabulaire précis et accessible à tous, des arguments, change de ton ... Tout cela contribue à nous faire prendre conscience de certains dangers, à nous montrer ce qu'est la réalité, dans le but de changer cette réalité, de faire bouger les choses mais en mieux.


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