• Peut-on douter de tout ?

    douter

    (image provenant de fr.fotolia.com)

     

    Pour commencer douter c'est quoi ? Être dans l'incertitude, avoir des soupçons sur quelque chose, donc suspendre son jugement. Alors lorsque l'on doute, on remet en question. Douter de tout revient à douter de ce qui est universel, que l'on ne peut rien affirmer avec certitude. Quand on se demande si l'on peut douter de quelque chose, cela entraîne un doute par dessus l'autre doute. Est-ce que cela ne serait pas exagéré de trop douter ? Est-ce que certaines choses valent la peine qu'on en doute ? Y'a t-il des limites au doute ? Et des conséquences ? Voilà, nous sommes trop dans le doute, le doute nous fait douter. Cependant, c'est une bonne chose de douter, cela prouve que nous avons une certaine liberté de penser, et que nous sommes en quête de vérité. Bacon a dit, « Le doute est l'école de la vérité. ».

    La question, peut-on douter de tout, se pose alors.

    Dans un premier temps, nous verrons comment est perçu le doute pour l'opinion commune. Nous verrons ensuite ce que pensent les philosophes du doute. Et pour finir, nous verrons que le doute à ses limites.

     

     

    Pour l'opinion commune, le doute se résume au fait qu'il y a les gens qui savent, et ceux qui ne savent pas. Comme savoir comment on construit un objet, et ceux qui émettent des hypothèses à ce propos. Mais il est nécessaire de préciser que savoir c'est croire, puisque l'on peut croire que l'on sait alors que nous ne savons pas. C'est donc un état qui se situe entre le doute et la certitude. D'ailleurs Platon distingue trois degrés de savoir : en premier l'imagination, ensuite la croyance (donc celui que nous avons évoqué) liée à l'opinion, et le dernier la science qui repose sur les vérités éternelles.

    Ne pas douter, donc ne rien remettre en question, ce serait être enfermé dans un dogme, comme si tout était certain, comme le dogme religieux. D'ailleurs pour Socrate, douter est un devoir pour l'homme, d'un point de vue moral par exemple pour discerner ce qui ne l'est pas. Douter permet d'éviter de se faire arnaquer, de voter consciencieusement pour le parti politique qui nous paraît le meilleur en doutant des autres, éviter des injustices, se rendre compte que l'on peut vivre dans un pays démocratique avec une dictature maquillée, etc. Le doute tend donc vers le progrès car avoir un esprit critique peut faire changer les choses. Le domaine de la science est en constante évolution parce que des théories sont remises en question. D'autre part, le rôle de l'historien est d'expliquer l'histoire pour que la politique agisse pour changer le futur. Il remet donc en question les faits pour toujours aller chercher plus loin, dans le but de trouver la vérité. Robert Paxton en est un exemple. Cet historien a fait remettre en question les dires sur le régime de Vichy des autres historiens en se basant sur des archives Allemandes de la seconde Guerre Mondiale étant donné que les archives Françaises étaient fermées à la consultation.

    Nous nous disons également que ne pas douter c'est être panurgiste. C'est-à-dire faire comme les autres (suivre le mouvement), croire tout ce qu'on nous dit sans forcément le comprendre, c'est le cas dans les sectes. Adopter ce comportement c'est ne pas avoir de liberté de penser. On peut pourtant constater que nous les hommes sommes influencés par des modes, nous suivons ces modes parce que les autres les adoptent et nous ne ne voulons pas être rejetés de la société si nous ne nous adaptons pas au conformisme. Mais la vraie question est, sommes-nous sûrs d'être rejetés si nous sommes différents ? Il vaut mieux douter avant de faire comme les autres.

     

    Pour les philosophes, le doute ne se résume pas qu'à savoir ou non. Ils ont différentes thèses à ce sujet.

     

    Être sceptique, c'est douter de tout ce qui n'apparaît pas comme une évidence. Alors, les sceptiques utilisent le doute pour montrer que l'on ne peut pas savoir. Cela fait penser au doute socratique qui repose sur une certitude, qui est que les hommes croient savoir, mais en réalité, ils ne savent rien. D'ailleurs Socrate a dit, « Je sais que je ne sais rien. ». Sauf que dans ce cas là, si on doute de tout car nous ne savons rien, le sceptique affirme qu'il faut douter de ce qu'il dit.

    Pour douter de quelque chose, il faut que ce quelque chose existe. Par exemple, il faut faire la différence entre ce que l'on voit (là où il y a une preuve), et une hypothèse. En effet, l'hypothèse peut être remise en cause par le doute d'un autre penseur. Quand quelqu'un dit que ce soir il peut y avoir de l'orage car cela fait plusieurs jours qu'il fait très chaud, quelqu'un d'autre peut contester en disant que non, il n'y aura pas d'orage ce soir, parce qu'il n'y a pas de nuages gris dans le ciel. En fait, une affirmation non démontrée peut être contredite par une affirmation du même genre.

    Pyrrhon d'Elée a pensé, « Aucune chose n'est plus ceci que cela. ». Le doute chez les sceptiques est radical. Leur doute se dresse contre toutes les affirmations et même les preuves, ils n'ont donc pas besoin de prouver quoi que ce soit, le jugement est inutile. C'est ainsi pour cela que le dramaturge Paul Claudel a dit, « Le sceptique est un homme qui ne se doute de rien. », parce qu'en doutant de tout, on se doute forcément de rien parce qu'au final nous restons dans l'ignorance.

    De son côté, Descartes utilise le doute méthodique qui consiste à atteindre la certitude. Il doute pour ne plus douter tandis que les sceptiques doutent pour douter. Mais pour atteindre la vérité, Descartes se dit qu'il vaut mieux oublier ce que l'on connaissait jusque là. Il va essayer de chercher la certitude, et la trouve finalement dans les mathématiques. Le doute aurait alors ses limites ?

     

    Nous allons maintenant voir que le doute n'est pas infini.

     

    Y'a t-il des vérités que nous ne pouvons pas mettre en doute ? Juste avant, nous avions dit que Descartes a trouvé que l'on ne peut pas mettre en doute les mathématiques. Les idées mathématiques restent vraies. 2+2=4 est quelque chose de sûr qu'il est impossible de réfuter. De même qu'un triangle possède toujours trois côtés. Sa célèbre citation « Je pense donc je suis. » est également vraie, nous ne pouvons pas douter que nous sommes en vie si l'on peut penser. Il est donc impossible de douter de tout. Si nous doutions de tout, nous nous interdirons de faire beaucoup de choses. Comme de ne pas manger de peur qu'il y ait du poison dans notre nourriture, et si on ne mange pas, on meurt. Ou ne pas vouloir apprendre à conduire de peur de mourir dans un accident de voiture en conduisant. Le problème est qu'en ne sachant pas conduire, notre liberté de mouvement est restreinte, nous ne pouvons pas aller là où nous le voulons quand nous voulons, donc nous nous interdisons volontairement une certaine liberté en laissant le doute prendre le dessus.

    De plus, nous sommes incapables de douter de tout dans la mesure où il y a une infinité de sujets et choses qui existent, dont pleins que l'on ne connaît pas. Et pour douter il faut penser, et la pensée se forme avec des mots, or nous ne connaissons pas tous les mots existant. Les mots dépendent de là d'où nous venons et des différentes cultures. Nous ne pouvons pas connaître toutes les autres cultures donc les mots qui en découlent.
    Le doute permet aussi de ne pas se précipiter, de faire quelque chose sans savoir. Il nous préserve de certains dangers. Cependant, malgré le doute il faut se décider, prendre des décisions et agir, sinon on ne fait rien. Nous n'avons pas le temps de douter de tout car la vie n'est pas éternelle.

    A l'heure actuelle, nous sommes libres d'être croyants ou non et de choisir notre culte religieux. Néanmoins, à une certaine période de l'histoire, ceux qui doutaient de l'existence de Dieu se faisaient exécuter (au Moyen-Âge par exemple).

     

     

    Il nous est donc impossible de douter de tout. Pas que dans la logique mais aussi à cause de risques réels, comme ceux qui se faisaient exécutés parce qu'ils étaient athées. Le doute est tout de même une bonne chose puisqu'il permet le progrès, et donne aux hommes une certaine liberté puisqu'en doutant, cela leur évite de se soumettre.

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 19 Juillet à 09:23

    Oh du Descartes ? :9 

    Je l'ai vu en cours, on peut douter de tout sauf de la penser, appelé cogito j'ai un peu oublié pour tout te dire... Mais de ce que j'ai retenu, Descartes doute de tout sauf qu'après l'écriture et les nombreuses recherches sur une nouvelle métaphysique (un truc comme ça) il a trouvé qu'on pouvait douter des maths, qu'on ne peut pas savoir si on dort la maintenant ou qu'on est éveillé mais qu'on peut faire confiance à la pensée que l'homme est une substance pensante donc cogito sum qui veut dire : je pense je suis mais dans son cas ça serait je doute, je suis '^'

    Désolé, c'est très bancale mais j'adore la philo ! Et ton avis est très intéressant :)

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